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Gaffiot, Dictionnaire latin-français (2016, ex 1934), merci à G. Gréco, M. De Wilde, B. Maréchal, K. Ôkubo!: nam

nam nam,

I particule d'affirmation qui attire l'attention sur un fait : 1 de fait, voyons, en vérité, en réalité : obsecro, tace. — Nam hic nunc licet dicere, nos sumus Pl. Cas. 196, de grâce, tais-toi. — Voyons en vérité, ici, à présent nous pouvons parler, nous ne sommes que nous, cf. Mil. 629 ; Capt. 896 || [en part. dans les interrog.] : scelestissumum te arbitror. — Nam quamobrem ? Pl. Amph. 552, je te crois un franc scélérat. — Voyons, pourquoi ? cf. Pl. Most. 644 ; Rud. 687 ; Epid. 132 ; Aul. 42, 44 ; etc. ; da mihi, optuma femina, manum. — Ubi east ? quis east nam optuma ? Pl. Aul. 136, donne-moi la main, excellente femme. — Où est-elle ? qui est-elle donc cette excellente femme ? cf. Pl. Aul. 427 ; Bacch. 1114 ; Most. 258, etc. ; scis nam, tibi quæ præcepi ? Pl. Pers. 379, sais-tu, voyons, ce que je t'ai recommandé ? 2 il est un fait, c'est que : an tibi fabellæ videntur ? nonne ab A. Postumio ædem Castori et Polluci dedicatam, nonne senatus consultum de Vatinio vides ? Nam de Sagra Græcorum etiam est vulgare proverbium... Cic. Nat. 3, 13, eh quoi ! ce sont des fables à tes yeux ? pourtant ne vois-tu pas le temple dédié par A. Postumius à Castor et Pollux ? ne vois-tu pas le sénatus consulte en faveur de Vatinius ? et c'est un fait que sur l'affaire de la Sagre, il y a même un proverbe répandu chez les Grecs..., cf. Cic. Arch. 23 ; Fin. 1, 12 ; Div. 2, 97 ; Tusc. 4, 52, etc. || [sert souvent à introduire une autre idée, un autre fait ; on le traduit approximativement par « quant à », mais il a plus de vivacité que autem auquel il correspond souvent] : Cic. Br. 239 ; Nat. 1, 27 et 28, etc. || [en part. dans les interrog. oratoires et dans ce que la rhét. appelle prétérition] : Cic. Læl. 104 ; Verr. 2, 5, 158 ; Nat. 3, 38 ; Tusc. 4, 37 ; Div. 1, 26, etc. || [souvent aussi avec quod de transition] quant à ce fait que : Cic. de Or. 1, 234 ; 1, 254 ; Tusc. 3, 73 ; 4, 57 ; Div. 2, 66 ; 2, 68, etc. 3 il est un fait, c'est que [introduisant une réserve ; comparer le français « par exemple »] : P. Rutilii adulescentiam ad opinionem et innocentiæ et juris scientiæ P. Mucii commendavit domus. Nam L. quidem Crassus... non aliunde mutuatus est, sed sibi ipse peperit laudem... Cic. Off. 2, 47, P. Rutilius dans sa jeunesse eut, pour acquérir sa réputation d'intégrité à la fois et d'habileté dans le droit, la recommandation d'avoir séjourné dans la maison de P. Mucius ; par exemple, L. Crassus, lui, n'emprunta pas ailleurs, mais se créa à lui-même sa gloire..., cf. Cic. Br. 161 ; 175 ; 178 ; 222 ; 228 ; etc.

II [conj. servant à confirmer] de fait : 1 Euclionis filiam laudant ; sapienter factum et consilio bono ; nam meo quidem animo si idem faciant ceteri... Pl. Aul. 478, ils louent la fille d'Euclion ; ils trouvent que j'agis sagement et en prenant un bon parti ; le fait est que, à mon sens du moins, si tous les autres agissaient ainsi..., cf. Pl. Most. 858 ; unum illud mihi videris imitari orationis genus. — Vellem fortasse ; quis enim id potest aut umquam poterit imitari ? nam sententias interpretari perfacile est : quod quidem ego facerem, nisi plane esse vellem meus Cic. Leg. 2, 17, il n'y a qu'une chose que tu me sembles imiter, son style. — Tout au plus en aurais-je la volonté ; car qui peut ou pourra jamais l'imiter ? de fait, ce sont les idées qu'il est très facile de reproduire, et cela, pour mon compte, je l'aurais accompli, si je n'avais voulu être absolument moi-même, cf. Cic. Off. 3, 28 ; 3, 32 ; Leg. 2, 28 ; Br. 297 ; Fin. 2, 35 ; Tusc. 1, 57 ; etc. || [dans une réponse confirmative] : de iis, credo, rebus, inquit Crassus, ut in cretionibus scribi solet « quibus sciam poteroque ». — Tum ille : nam quod tu non poteris aut nescies, quis nostrum... Cic. de Or. 1, 101, je parlerai, j'imagine, répartit Crassus, sur les sujets où, comme on le dit dans les actes d'héritage, je saurai et je pourrai. — Alors lui : de fait, sur ce que toi tu ne pourras pas ou que tu ne sauras pas, qui de nous..., cf. Cic. de Or. 2, 144 ; Verr. 2, 1, 133 ; 2, 72 2 [confirmatif et explicatif] de fait, car, c'est que : is pagus appellabatur Tigurinus ; nam omnis civitas Helvetia in quattuor pagos divisa est Cæs. G. 1, 12, 4, cette circonscription était celle des Tigurins ; car tout l'état Helvète est divisé en quatre circonscriptions, cf. Cic. Læl. 82 ; Part. 38 ; Or. 147, etc. || [introduit des parenthèses] : colenda justitia est, tum ipsa per sese (nam aliter justitia non esset), tum... Cic. Off. 2, 42, il faut pratiquer la justice, d'abord pour elle-même (car autrement ce ne serait pas la justice), ensuite..., cf. Cic. Leg. 2, 1, etc. || [reprend le développt après une parenthèse] : Cic. Planc. 98 3 de fait, ainsi, par exemple : multi uno tempore oratores floruerunt ; nam et Albinus... et... Cic. Br. 81, beaucoup d'orateurs fleurirent à la même époque ; ainsi d'une part Albinus..., d'autre part..., cf. Cic. Off. 1, 32 ; 2, 65 ; Rep. 1, 44 ; Leg. 1, 41 ; de Or. 2, 221 ; 2, 237, etc. || [introduit un développt annoncé] : quid tamquam notandum et animadvertendum sit in Hortensio, breviter licet dicere. Nam is post consulatum... Cic. Br. 320, ce qui mérite chez Hortensius d'être pour ainsi dire noté et critiqué, je puis l'indiquer brièvement. De fait, après son consulat..., cf. Cic. Arch. 28 ; Or. 174 ; Ac. 1, 4, etc. || [souvent même, il équivaut au français « à savoir » ou à nos deux points, suivis de guillemets] : duplex est ratio veri reperiendi... ; nam aut... aut Cic. Tusc. 3, 56, il y a deux façons de découvrir le vrai : ou bien..., ou bien..., cf. Cic. Tusc. 1, 72 ; 5, 9 ; Off. 1, 9 ; 1, 96 ; 2, 52 ; Div. 1, 46 ; 1, 101 ; Nat. 2, 128 ; Verr. 2, 4, 61, etc.

III [conjonction causale] car, en effet ; [emploi le plus fréquent ; parfois suivie d'une construction paratactique] : clausulas diligentius etiam servandas esse arbitror quam superiora, quod in eis maxime perfectio atque absolutio judicatur. Nam versus æque prima et media et extrema pars attenditur... ; in oratione autem pauci prima cernunt, postrema plerique... Cic. de Or. 3, 192, il faut, à mon avis, soigner même davantage les fins de phrase que les parties antérieures, parce que c'est là surtout qu'on juge la perfection absolue. En effet, tandis que dans le vers on fait attention également au début, au milieu, à la fin..., dans la prose au contraire peu d'auditeurs remarquent les débuts de la phrase, mais presque tous en remarquent la fin..., cf. Cic. Off. 3, 22 ; Leg. 2, 24 ; Fam. 9, 15, 1. → nam se place en tête de la phrase ; qqf. il se trouve après un ou plusieurs mots, surtout chez les comiques.